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Par gtiuyerhiguljkrfgt, le 02.06.2012
cette brève bibliographie me permettra de consulter certains ouvrages de qualité. sur le fond de ce billet, je
Par Max La Menace, le 29.12.2011
· L’ouvrier, la kolkhozienne et les africains...
· 50 ans ? Et avant ?... Et après ?... Comment ?...
Date de création : 03.04.2010
Dernière mise à jour :
11.04.2010
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L’actualité de la semaine écoulée et une petite recherche documentaire m’ont conduit à essayer d’approfondir un sujet particulier aujourd’hui. Epiphénomène ou évènement, l’inauguration du « Monument pour la renaissance africaine » à Dakar le 3 avril a suscité chez moi comme chez nombre de personnes, journalistes et analystes de la vie public, des interrogations.
Essayons de rentrer dans une analyse de cette œuvre monumentale se voulant être le symbole de notre bien-aimé continent, s’extirpant de l’obscurantisme avec force et se projetant vers un avenir meilleur…
Monuments, périodes et symboliques comparées
Avant toute chose, un petit rappel historique, assez troublant d’ailleurs…
« L’ouvrier et la kolkhozienne » est une œuvre colossale (25 m de haut pour 80 tonnes) réalisée en 1937 par Vera Moukhina pour orner le pavillon russe à l’exposition universelle de Paris de cette même année.
Symbole du communisme (les deux mondes constitutifs du prolétariat, industriel et paysan) et du stalinisme (les outils portés à bout de bras sont également les emblèmes du parti communiste), elle est réalisée en acier inoxydable (première utilisation de cette technologie).
Cette œuvre décrite par la Grande encyclopédie soviétique comme un « standard du réalisme socialiste soviétique » constitue en effet un véritable manifeste économique, politique et social du pouvoir soviétique sous Staline en ces années d’avant-guerre. De la technologie utilisée aux outils tenues par les personnages représentés, tout est fait ici pour symboliser la puissante U.R.S.S. de ces années 30-40.
« Le monument de la renaissance africaine », œuvre tout aussi colossale (52 m de haut)est sensé représenter« L'Afrique [qui] émerge de l'obscurité et regarde audacieusement vers l'Occident pour initier un nouveau dialogue, après des siècles d'esclavage et de colonisation »[1]. Ce monument de bronze, « pensé » par le Président Wade et exécuté par des nord-coréens, a été inauguré le 3 avril 2010 en cette année des cinquantenaires des indépendances africaines, date de l’indépendance de la Fédération du Mali (cf. précédent billet sur ce blog). Pour le chantre du NEPAD qu’est A. Wade, c’était aussi l’occasion d’inviter d’autres Présidents Africains pour partager avec eux ce symbole qui se veut être la représentation d’une Afrique émergente, ouverte vers sur le Monde et tournée vers l’avenir.
Ceci étant dit, nous pouvons nous poser la question de la réelle portée symbolique de ce monument.En effet de quelle Afrique renaissante parle-t-on à travers cette œuvre architecturale ?
Aussi critiquable voire détestable ait pu être le régime soviétique, « L’ouvrier et la kolkhozienne » a au moins cet avantage de décrire dans toutes ses dimensions l’idéologie de l’Union soviétique des années 30-40. Les fondements souhaités de cette puissance sont présentés de manière allégorique à travers chaque élément constitutif du monument.
Notre œuvre, elle, interroge dans toutes ses dimensions… du mode de financement à la finalité, y compris économique. Faite de bronze par des ouvriers nord-coréens et étant assez clairement inspirée de l’art communiste, il me semble qu’elle ne dépeint en rien des valeurs ou une idéologie africaine. L’habitant de Kigali ou celui de Libreville, ou encore celui de Khartoum se reconnait il à travers cette tentative allégorique ? Ca mériterait d’être approfondi…
Qu’est ce qui pourrait représenter une « Renaissance africaine » ?... ou encore quelles sont les fondements de la nature africaine qu’il faudrait faire venir au monde à nouveau pour (re)donner toute leur dignité aux peuples africains ? En tout état de cause, le « regard audacieux vers l’occident pour initier un nouveau dialogue » paraît assez insuffisant. De même sortir symboliquement des siècles d’esclavage et de colonisation demande sans doute un peu plus qu’une simple statut de bronze.
La prise de conscience de la richesse culturelle des peuples africains, la redécouverte des intellectuels africains, dont bon nombre nous ont été donnés par le pays de M. Wade, l’éducation semblent pouvoir être de vrais éléments constitutifs d’une Renaissance. D’ailleurs, la période historique portant ce nom dans le monde occidentale n’est elle pas empreinte de renouveau culturel, de redécouverte des anciens, de dynamisation des économies et des cités-états et d’innovations scientifiques ? La Renaissance est en effet avant toute chose une période de l’histoire occidentale traversée par un (des) courant(s) de pensées fort(s) et fécond(s). Qu’en est-il de cette « Renaissance africaine » fêtée en grandes pompes ?...
De la dialectique de la renaissance…
Au-delà des symboles et de l’avis esthétique que l’on peut porter dessus, tant concernant l’U.R.S.S. des années 30-40 que la Renaissance ou encore d’autres périodes sous d’autres latitudes, les naissances ou renaissance de sociétés et de peuples ce sont traduites par l’émergence de courants de pensée ayant inondés tous les pans de la vie de la cité. Ce sont ces courants qui se sont, par la suites traduits par des architectures, des productions culturelles et intellectuelles, des rapports économiques et sociaux nouveaux et cohérents.
Ainsi le Président Wade et certains de ses collègues semblent vouloir proposer une dialectique de la Renaissance que je qualifierais de Top – Down, qui serait impulsée par le « génie » d’un homme se voulant guide… Ne serait-il pas plus pertinent de réhabiliter nos systèmes éducatifs, formant ainsi le terreau fertile favorable à la naissance d’hommes « libre-penseurs », qui pourront être les vrais moteurs d’une Renaissance africaine ? Ne serait –il pas plus pertinent d’organiser une circulation des hommes pour fluidifier la circulation des cultures et de permettre des « fertilisations croisées » des peuples du continent ?
Toutes ses questions ne sauraient trouver des réponses en ce lieu. Toutefois, j’inviterais nos dirigeants à se les poser. Certes le symbole compte, mais le processus de structuration de ce symbole compte au moins autant sinon plus…
Du conflit d’intérêt…
Parler du « Monument de la Renaissance africaine » sans évoquer la dimension économique, sans polémique, serait une faute.
Commençons par le mode de financement de ce projet « titanesque ». L’Etat sénégalais s’est délesté de quelques dizaines d’hectares de terrain pour pouvoir trouver une source de financement suffisante et couvrir le coût estimé à 16 Mrds FCFA. Pour vous donner un ordre de grandeur, le budget 2010 de la ville de Dakar est de 39,4 Mrds FCFA. Notre œuvre colossale représente ainsi 40% du budget de la capitale du Sénégal…
Ensuite, se voulant être un site touristique, le « Monument de la Renaissance africaine » devrait générer des revenus. Comme tout œuvre artistique, elle génère des droits d’auteur. Il se trouve que l’auteur est… le Président Wade himself ! A ce titre, ce dernier s’octroiera 35% des revenus des visites du site. Il a toutefois déclaré « J’ai décidé que toutes les recettes seront destinées à la construction de cases des tout-petits, pas seulement au Sénégal, mais dans toute l’Afrique, parce que ce monument n’est pas celui du Sénégal, mais de l’Afrique. Pas un seul franc ne sera destiné à autre chose. Mes droits, je les destine à la case des tout-petits ». Qu’il en soit ainsi…
Malgré la grande magnanimité de A. Wade, je ne peux m’empêcher de penser que nous sommes là dans une situation flagrante de conflit d’intérêt : le Présidents de la République cédant des terrains publics pour financer un projet dont il recevra 35% à titre personnel…
Je vous laisse apprécier ces quelques modestes éléments d’analyse et de réflexion sur un monument qui a alimenté la polémique ces derniers temps, en espérant vous avoir apporté des clés de lecture complémentaires.
[1]Bemba Ndiaye, porte-parole de Abdoulaye Wade in Le Monde.fr du 3 avril 2010
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